Talk Like A Pirate Day est une fête bien peu répandue à travers la francophonie, et la raison en est qu’il est beaucoup plus difficile de parler comme un pirate en français. En anglais, c’est relativement facile: il existait une tradition maritime claire, importante, et bien définie en Angleterre, ce qui n’est pas le cas de la France, malheureusement. Il est d’autant plus difficile de parler comme un pirate, que notre volonté d’être « vulgaire et malengueulé » nous porte instinctivement vers les patois existants, que ce soit le joual québécois, l’accent acadien du bas du fleuve, ou encore le parlé marseillais. Se résoudre à utiliser ces parlés serait toutefois une grave erreur, car bien que les pirates n’aient pas étés spécialement polis et raffinés,  ils ne parlaient certainement pas de la sorte. Nous avons ici quelques suggestions pour améliorer votre parlure piratesque et votre vocabulaire, fortement influencé de vieux français, du lexique maritime et du Capitaine Haddock

Prononciation

De façon générale, je crois que le vieux français est une bonne source d’inspiration pour parler comme un pirate en français:

  • Remplacez vos «  é, è, ê » pas des « es » (ex :Escrevisse, Mescréant, Forest, etc.)
  • Ajoutez le préfixe « con » avant tout verbe qui serait normalement suivi de « sur ». Par exemple : « Tu vas consauter la planche » ou « Je vais conpisser la tombe de ton grand-père ».
  • Articulez un peu moins en général, un peu comme si vous étiez saoul (ce qui risque fortement d’arriver de toute façon). Un voix de gorge est aussi envisageable.
  • L’inspiration anglophone est tentante, et l’envie de rouler vos Rs pourrait vous prendre. Attention toutefois de ne pas tomber dans le russe ou l’espagnol.
  • Utilisez Yarrr (ou alternativement Arrr, Arrg, Yarrg, ou même Darrr) pour ponctuer vos phrases et bien appuyer votre discours.
  • Faites attention de ne pas tomber dans le piège trop facile du parlé vulgaire que vous connaissez, que ce soit le bucheron avec ses « calisse », « tabarnaque », etc., l’accent marseillais, acadien du bas du fleuve ou autres.

Vocabulaire

  • Boucanier, Corsaire, Flibustier, Forban, Frères de la côte, Naufrageur : Pirates;
  • Coquin, Cul Rouge, Écrevisse de rempart, Foi Jaune, Gibier de potence, Gredin, Mécréant, Rat de cale, Ruffian, Truand : Criminels et vauriens de toutes espèces, à utiliser comme insultes;
  • Bâtiment, Brick, Brigantin, Clipper, Corvette, Cotre, Frégate, Galion, Goélette, Navire, Sloop : Sortes de bateaux (ou synonymes);
  • Morbleu! Parsambleu! Sapristi! Tonnerre de Brest! Mille millions de mille sabords! : Exclamations;
  • Bâbord, Tribord, Proue, Poupe : Directions. Dans l’ordre : Gauche, Droite, Devant, Derrière;
  • À l’abordage! : Commençons, allons-y!
  • Appareiller, Larguer les amarres, Mettre les voiles : Partir, quitter un lieu;
  • Bachi-bouzouk, Olibrius : Hurluberlu, imbécile;
  • Bamboche / Bambocher : Beuverie, Fête / Fêter, Faire la noce;
  • Branle : Hamac, par extension lits et couchettes;
  • Branle-bas : Préparation;
  • Bois d’ébène : Noir, esclave;
  • Bois-sans-soif : Saoulon, ivrogne;
  • Boucane : Fumée;
  • Bouffe, Boustifaille / Bouffer, Boulotter : Nourriture / Manger;
  • Bourlinguer : Boire de l’alcool;
  • Butin : Trésor;
  • Caboulot : Bistrot, taverne, bar, etc.;
  • Calme plat : Absence de vent, par extension moment tranquille ou ennuyeux, longueur;
  • Cambuse : Magasin;
  • Cayenne : Maison;
  • Capon : Lâche
  • Chasse-partie : Contrat entre le capitaine et son équipage, mais pouvant désigner tout accord;
  • Chat à neuf queues : Fouet servant à châtier;
  • Coq / Coquerie : Cuisinier / Cuisine;
  • Cordage : Désigne une corde, mais les pirates n’utilisaient jamais le mot « corde » qui portait malheur : une corde, c’était pour vous pendre!
  • Coup de semonce : Coup de canon servant d’avertissement, Avertissement;
  • Coupe-jarret : Endroit dangereux, voire mortel;
  • Donzelle : Demoiselle pirate;
  • Doublon, Pièce de huit : Monnaie, argent;
  • Jacter : Parler, Vomir;
  • Gonze / Gonzesse : Bonhomme / Bonnefemme;
  • Marcher sur (prendre/sauter sur) la planche : Être chassé, châtié;
  • Marin d’eau douce, Amiral de bateau-lavoir : Mauvais marin, imbécile;
  • Maron / Maronner : Marin abandonné / Attendre trop longtemps/inutilement, être abandonné;
  • Marsouin : Soldat de la marine;
  • Matelot : Marin;
  • Mise à sac : Piller, vider;
  • Mouiller : Jeter l’ancre, s’installer à un endroit;
  • Molaston : Personne à battre;
  • Monter la grand voile : Subir une forte poussée d’attirance physique pour une donzelle;
  • Mousse, Moussaillon : Jeune marin inexpérimenté, apprenti;
  • Pétun : Tabac;
  • Poulaine, Latrine : Toilette;
  • Rack, Tafia, Tort-boyaux, Gnôle : Rhum ou boissons à base de rhum (par extension, tous types d’alcools);
  • Rafiot : Vieux bateau pourri;
  • Saborder : Couler un navire, un projet, une personne;
  • Siresse : Femme;
  • Tanguer, Valdinguer : Chambranler, perdre l’équilibre ou marcher croche;
  • Tirer une bordée : Tirer avec tous les canons en même temps;
  • Tonnelier : Responsable des tonneaux et des vivres à bord, barman;
  • Vigie : Guetteur, surveillant;
  • Virer de bord : Changer de direction, d’idée;

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